Sur la route, chaque soir s’encre désormais un peu plus tôt.
Au bord de la route -cette route familière, cette scie- un tronçon entre deux villages se fraie un chemin les long de collines douces, des dunes, des déclivités-à-peine, dont la plupart sont d’anciens immenses vergers, des pâtures en jachères. Des terres d’abandon, ou de vie apaisée.
Dans un des vergers, chaque matin dans la brume, des chevaux de trait, de toutes robes, tous la chevelure folle, paissent des herbes hautes, épars au milieu des derniers fruitiers que le lichen n’a pas dévoré.
Plus loin, au-delà de la clôture, à quelques mètres de la même route, la terre fraichement labourée a viré de la poussière ocre au brun profond et gras. Et de hautes silhouettes, graciles, y sont apparues, au loin dans la lumière d’avant-couchant, puis soulignées par le halo des phares qui balaye les flancs de ma translation rapide.
Des hérons, j’ai cru. Ce sont des oiseaux communs ici, des parents des étangs.
Des aigrettes en réalité, d’un blanc éclatant, plus petites que les hérons, autrement jolies, qui font festins dans les labours frais.
Y retourner demain.
Le hasard des oiseaux m’a fait croiser aujourd’hui la route de ces êtres sauvages et qui n’ont pas besoin de moi. Celui des images de Francesca Todde, également, et l’histoire de Tristan Piot.
Francesca-Todde-A-Sensitive-Education – Départ pour l’image Ed.

© Francesca Todde

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