
La jaquette fait écrin.
L’une des images du livre, papier grand format, vient en cinq plis enlacer l’ouvrage, incite à faire le geste, déployer, tenir, précautionner le refuge.
Edition en plis japonais. Ori-ho.
L’air vient jouer avec le livre, le traverse, l’enfle. L’instrumente à vent.
Nous parlons d’images, d’air et de lumière, livre en paume.

Ce livre de photos est le fruit du « temps de quatre automnes », quatre séjours au Japon. S’éloigner à mesure des métropoles, engager le pas dans un quotidien in-familier, avec ce qu’il porte d’énigme.
Le livre aurait-il pu naître d’un autre ailleurs? Probablement. Le Japon n’était pas « essentiel », et cependant collecter ces images, composer ce livre répond à une nécessité farouche.
D’une page à l’autre, et tendues entre les images,

Sororité/solennité
Connivence/désastre
Ambition/aspiration/vanité
Matière/lumières


Quand vient le temps de poser des mots sur un livre de photographies, on parle trop peu de sons, de parfums. De la texture du mur qui fuit, de la rumeur qui s’écoule dans la rue au moment où. De la fuite du temps, ou de son arrivée : le temps marche, vers nous aussi.
« Far East », de Géraldine Lay (Editions Poursuite) en est imprégné. Comme l’était « North End », Grande Bretagne, Actes Sud.
(12/03/23)
