Wild Rose

Wild Rose accueille, en son farouche.
Wild Rose empreint de sa fraicheur animale.
Cervidés en visite,
chemins sacrés,
bois de désir,
en théâtralité intérieure.
Wild Rose saisit.
Rêve non-fictionnel, terre chérie, âpre, le lieu de Wild Rose semble abstrait du temps.

« Gabrielle Duplantier semble pratiquer la photographie en cavalière, en danseuse, en escrimeuse, autrement dit allurée, le vent dans les cheveux, le regard droit, le mouvement vif, délié ; elles rallient ses images qui tissent ensemble la fougue et la grâce ; elles rappellent que photographier est ici un art du geste.», écrivait en préface de Volta (Gabrielle Duplantier, la main donne ed., 2014), Maylis de Kerangal.

Rien qui vienne périmer ses mots.

Cavalière au pas, au plus près du sol, pour Wild Rose, bretteuse peut-être, son visage en aurait la puissance et l’aplomb.

Farouche,
Limpide,
Le grain de ses images assume l’éblouissement, et le lieu -central dans sa narration- justifie un regard souvent centrifuge : le chemin aimé, les recoins, les trentièmes de seconde subtilisés à des joies tues, muettes.


Une aile d’oiseau comme obturateur.


Ne rien justifier.
Geste ultime.

Sublime et secret, par Gabrielle Duplantier, à La Main Donne.

« Le jour de ma naissance, une partie de la maison a brûlé.
Cela détruisit le logement des gardiens installés là depuis des décennies et précipita leur départ. Ils incommodaient mes parents avec leurs chiens méchants, leur télévision bruyante ainsi que la décharge sauvage qu’ils avaient faite du jardin.
Ma mère m’a toujours dit que ce feu fut une bénédiction.
La maison est une vieille bâtisse déglinguée, à l’orée d’un bois, bordée d’un lac qui déborde quand il a trop plu, et l’entoure comme une ile. La maison a été vivante et gaie, elle abrita nos plus belles envolées quand nous étions jeunes, mes frères et moi. La forêt était notre aire de jeux. Un jour, on my retrouva endormie sur une souche. J’ai écouté ma mère nous raconter au coin du feu que la vie est plus surprenante qu’elle n’y paraît, que sous ses apparences, il y a du sens, que les êtres et la Terre sont liés, que nous pouvons communiquer avec le cœur des gens et même décider de nos vies. Ma mère parlait avec les morts et avec l’âme des vivants. Elle, l’Américaine des Açores, était un volcan.
J’ai vu mon père se lever aux aurores pour dessiner sans relâche, muet, ténébreux, construire les meubles, couper les arbres, vivre à sa façon, sans foi, sans loi, envers et contre tous.
Nous étions une famille particulière, décalée au sein du village, mes parents ne participaient pas aux festivités collectives, ils créaient leur propre monde à la maison avec leurs propres fêtes et leurs propres règles.
Un monde bouillonnant.
La maison a aussi connu des secrets et des déchirures.
(…)

C’est dans la forêt que je me sens invincible.
Ici, de retour à la source, je suis cachée, je suis un animal, je suis un végétal, je suis une enfant, je suis une rose sauvage. »

https://www.lamaindonne.fr/produit/wild-rose/

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